Le confluent du Rhône et de la Saône se situe aujourd’hui au sud de Lyon, près de La Mulatière. Il n’a pas toujours été à cet endroit : jusqu’au 18e siècle, les deux fleuves se rejoignaient plus au nord, à l’emplacement actuel de la place des Terreaux. Les eaux des deux cours d’eau restent visuellement distinctes sur près d’un kilomètre et demi après leur rencontre.
Ce guide retrace le déplacement historique du confluent, explique pourquoi les eaux du Rhône et de la Saône ne se mélangent pas immédiatement, et présente le quartier qui porte aujourd’hui ce nom.
Où se trouve le confluent aujourd’hui ?
Le confluent du Rhône et de la Saône marque la pointe sud de la presqu’île de Lyon, à proximité de la commune de La Mulatière. La Saône y arrive par l’ouest, longeant les quais au pied de Sainte-Foy-lès-Lyon, tandis que le Rhône descend le long de la façade orientale, côté Gerland. Entre les deux, une langue de terre s’amincit progressivement jusqu’à la pointe extrême de la presqu’île, là où se dresse aujourd’hui le Musée des Confluences.
Ce point de rencontre n’est pas figé dans l’histoire. Il a été déplacé de plusieurs kilomètres au fil des siècles, à la suite de grands travaux d’ingénierie décidés pour permettre l’extension de la ville.
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Un confluent qui a changé de place : l’histoire méconnue
C’est l’information la plus surprenante pour la majorité des visiteurs. Le premier confluent du Rhône et de la Saône ne se situait pas là où on l’observe aujourd’hui.
Le confluent originel, à la place des Terreaux
Jusqu’au 18e siècle, les deux fleuves se rejoignaient bien plus au nord, à l’emplacement de l’actuelle place des Terreaux, là où trône aujourd’hui la fontaine Bartholdi. Cette zone formait alors un vaste marécage, en face duquel se trouvait un repère naturel, l’île de Moignat.
Cette configuration géographique explique en partie le choix du site de Lugdunum, la colonie romaine fondatrice de Lyon. Les Romains établirent leur ville sur la colline de Fourvière, qui surplombait directement ce confluent originel, profitant à la fois des défenses naturelles et des opportunités commerciales offertes par la rencontre des deux cours d’eau.
Les travaux de Perrache : repousser le confluent vers le sud
À mesure que Lyon grandissait, l’eau devenait un obstacle à l’expansion urbaine. En 1760, l’ingénieur Michel-Antoine Perrache propose un projet ambitieux : assécher les marécages et repousser artificiellement le confluent plusieurs kilomètres plus au sud, derrière le quartier d’Ainay et sa basilique, jusqu’au niveau de La Mulatière.
Les travaux démarrent en 1771. Ils s’achèvent finalement en 1841, sous la direction de la Compagnie Perrache, soit plusieurs décennies après le lancement initial du projet. Une première gare voit le jour dans ce nouveau quartier dès 1846, avant que l’actuelle gare de Perrache ne soit construite en 1857.
Le tracé rectiligne du quai que suit aujourd’hui l’autoroute A6/A7, côté Rhône, correspond directement à celui dessiné par Perrache au 18e siècle pour repousser le fleuve vers le sud.
Pourquoi les eaux du Rhône et de la Saône ne se mélangent pas tout de suite ?
C’est le phénomène le plus photographié du site, et celui qui intrigue le plus les visiteurs. Au niveau du confluent, un contraste visuel net sépare les deux cours d’eau : le Rhône, au courant rapide et à la teinte bleu-vert, coule aux côtés de la Saône, plus lente et plus sombre.
Ce phénomène s’explique par des différences physiques précises entre les deux fleuves. Le Rhône transporte des eaux plus froides et plus minérales, issues en partie de la fonte alpine. La Saône, à l’inverse, charrie davantage de matière organique et présente un débit nettement plus lent.
Ces différences de vitesse, de température et de charge sédimentaire empêchent un mélange immédiat des deux masses d’eau. Selon une étude menée à Lyon en 2020, l’absorption complète des différences entre les deux fleuves nécessite environ un kilomètre et demi en aval du point de rencontre, une distance qui varie selon les débits et les conditions climatiques du moment. Les mariniers qui naviguent sur ce secteur observent ainsi des bandes d’eau distinctes qui se suivent sans se confondre immédiatement.
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Le quartier de la Confluence : de l’industrie à l’écoquartier
Le nom « Confluence » désigne aujourd’hui autant le phénomène géographique que le quartier urbain situé au sud de la gare de Perrache, dans le 2e arrondissement de Lyon.
D’une zone portuaire et industrielle à un modèle de rénovation urbaine
Pendant l’essentiel du 20e siècle, ce territoire, largement gagné sur d’anciennes îles et bras d’eau, accueillait des activités portuaires, ferroviaires et industrielles. Depuis la fin des années 1990, deux zones d’aménagement concerté (ZAC) ont profondément transformé le secteur, qui s’est repositionné comme une vitrine de l’urbanisme durable lyonnais : architecture contemporaine, bâtiments industriels restaurés, marina et darse au cœur du nouveau quartier.
Les ambitions démographiques et économiques du quartier
Ce projet d’aménagement, l’un des plus importants de la métropole lyonnaise, visait l’accueil de 17 000 habitants d’ici 2025 et de 25 000 emplois d’ici 2030, selon les objectifs fixés par les autorités municipales. Les résultats de cette politique d’attractivité restent, selon plusieurs analyses universitaires, en demi-teinte par rapport aux ambitions initiales.
Les limites géographiques du quartier
Le quartier de la Confluence est délimité au nord par le quartier historique de Perrache et le secteur Sainte-Blandine, à l’est par les quais du Rhône et l’autoroute A7, et à l’ouest par la Saône jusqu’aux balmes de la commune de La Mulatière. Le site s’achève au sud sur le territoire administratif de la ville de Lyon, à la pointe même du confluent.
Que voir au confluent aujourd’hui ?
Le site attire aujourd’hui de nombreux visiteurs pour plusieurs raisons complémentaires.
Le Musée des Confluences, à l’architecture résolument contemporaine, mêle collections d’ethnologie et d’histoire naturelle, directement implanté à la pointe de la presqu’île. Les quais réaménagés, notamment le quai Rambaud côté Saône, offrent des promenades le long des anciens docks. Le contraste visuel entre les deux fleuves reste observable depuis plusieurs points de vue, en particulier depuis les ponts qui enjambent les deux cours d’eau à proximité immédiate de leur rencontre.
Questions fréquentes
Où se trouve exactement le confluent du Rhône et de la Saône ?
Au sud de la presqu’île de Lyon, près de la commune de La Mulatière, à l’emplacement où se dresse aujourd’hui le Musée des Confluences.
Le confluent a-t-il toujours été au même endroit ?
Non. Jusqu’au 18e siècle, il se situait plus au nord, à l’emplacement de l’actuelle place des Terreaux. Il a été déplacé artificiellement vers le sud à partir de 1771, sous l’impulsion de l’ingénieur Michel-Antoine Perrache.
Pourquoi les eaux du Rhône et de la Saône restent-elles visuellement distinctes après leur rencontre ?
En raison de différences de vitesse, de température et de composition entre les deux fleuves. Le Rhône est plus froid et minéral, la Saône plus lente et chargée en matière organique. Le mélange complet nécessite environ 1,5 kilomètre en aval.
Pourquoi Lyon a-t-elle été fondée près de ce confluent ?
La colonie romaine de Lugdunum a été établie sur la colline de Fourvière, qui surplombait le confluent originel, pour profiter à la fois de défenses naturelles et d’opportunités commerciales liées à la présence des deux fleuves.
Le quartier de la Confluence est-il différent du confluent géographique ?
Le terme désigne à la fois le phénomène naturel de rencontre des deux fleuves et le quartier urbain situé au sud de la gare de Perrache, aménagé depuis la fin des années 1990 sur d’anciens terrains industriels et portuaires.
Conclusion
Le confluent du Rhône et de la Saône est bien plus qu’un simple point de rencontre entre deux cours d’eau. Son emplacement actuel, près de La Mulatière, résulte de plusieurs décennies de travaux d’ingénierie menés à partir de 1771 pour repousser le confluent originel, situé à l’époque à la place des Terreaux. Le contraste visuel entre les eaux du Rhône et de la Saône, qui persiste sur près d’un kilomètre et demi en aval, reste l’un des spectacles naturels les plus observés de la ville. Autour de ce site historique s’est développé depuis les années 1990 un quartier entier, symbole de la transformation urbaine lyonnaise, entre architecture contemporaine et mémoire industrielle.
